Maladies respiratoires de l'hiver : bronchiolite, grippe, Covid sous surveillance
Comme chaque saison froide, la France entre dans une période sensible pour les voies respiratoires. La bronchiolite a déjà franchi le seuil épidémique en Île-de-France selon Santé publique France, tandis que la grippe et le Covid-19 reprennent leur progression sur l'ensemble du territoire. Face à cette circulation virale croisée, les autorités sanitaires rappellent l'importance de la vaccination des publics fragiles et des gestes barrières. EcoMutuelle fait le point sur les pathologies hivernales, les recommandations officielles et les dispositifs de prise en charge prévus par l'Assurance Maladie.

Un hiver marqué par trois virus respiratoires majeurs
Chaque année, entre novembre et mars, la France connaît une recrudescence des infections respiratoires aiguës liées à la baisse des températures, à la promiscuité accrue dans les espaces fermés et à la circulation simultanée de plusieurs virus. L'hiver 2025-2026 confirme cette tendance, avec une activité particulièrement précoce du virus respiratoire syncytial (VRS), responsable de la bronchiolite chez le nourrisson.
Selon les bulletins hebdomadaires de Santé publique France, l'Île-de-France est entrée la première en phase épidémique de bronchiolite, suivie de plusieurs régions du Nord et de l'Ouest. La grippe saisonnière et le SARS-CoV-2 progressent également, mais à des rythmes plus contenus. Trois virus circulent donc simultanément, exerçant une pression notable sur :
- les services pédiatriques, particulièrement sollicités par les nourrissons hospitalisés pour bronchiolite ;
- les urgences hospitalières, déjà tendues en début de saison ;
- les cabinets de médecine de ville, qui voient affluer les consultations pour syndromes grippaux.
Cette concomitance, parfois qualifiée de triple épidémie, n'est pas inédite mais nécessite une vigilance accrue, en particulier pour les publics fragiles : nourrissons, personnes âgées, femmes enceintes et personnes immunodéprimées.
Bronchiolite : l'Île-de-France passe en phase épidémique
La bronchiolite est une infection virale des petites bronches, le plus souvent causée par le VRS. Elle touche principalement les nourrissons de moins de deux ans, avec un pic de circulation entre novembre et février. Bénigne dans la majorité des cas, elle peut néanmoins entraîner des hospitalisations chez les enfants les plus jeunes ou présentant des facteurs de risque.
Les chiffres publiés par Santé publique France montrent une accélération nette des passages aux urgences pédiatriques pour bronchiolite dès la mi-novembre. L'Île-de-France a officiellement basculé en phase épidémique, et d'autres régions devraient suivre dans les semaines à venir.
Reconnaître les signes d'alerte
Les parents sont invités à surveiller chez le nourrisson :
- une respiration sifflante ou rapide ;
- des difficultés à s'alimenter ou un refus de biberon ;
- une pâleur ou cyanose autour des lèvres ;
- une fatigue inhabituelle ou des pauses respiratoires.
En cas de doute, le service Bronchiolite Info Service (0 800 130 000) reste accessible gratuitement, et il convient de consulter sans tarder le médecin traitant ou le 15 en cas de signes de gravité.
Grippe et Covid-19 : une circulation à surveiller
Aux côtés du VRS, la grippe saisonnière et le Covid-19 continuent de circuler activement. La grippe, provoquée par les virus Influenza A et B, peut entraîner fièvre élevée, courbatures, toux et asthénie marquée pendant plusieurs jours. Les complications surviennent surtout chez les personnes âgées et les patients atteints de pathologies chroniques (insuffisance cardiaque, BPCO, diabète déséquilibré).
Le SARS-CoV-2, désormais endémique, reste sous surveillance des autorités sanitaires. Les variants en circulation conservent une transmissibilité élevée, même si la sévérité moyenne des formes cliniques s'est atténuée. Les hospitalisations restent toutefois significatives chez les plus de 65 ans et les personnes immunodéprimées.
Tableau comparatif des trois principales infections hivernales
| Pathologie | Virus | Population la plus touchée | Période de pic |
|---|---|---|---|
| Bronchiolite | VRS | Nourrissons < 2 ans | Novembre-février |
| Grippe | Influenza A/B | Tous âges, +65 ans à risque | Décembre-mars |
| Covid-19 | SARS-CoV-2 | Personnes fragiles | Toute l'année, regain hivernal |
Vaccination des publics à risque : un levier prioritaire
Pour limiter la pression sur le système de soins, les autorités sanitaires misent sur la vaccination des publics fragiles. La campagne conjointe grippe-Covid, lancée mi-octobre par l'Assurance Maladie, cible :
- les personnes de 65 ans et plus ;
- les femmes enceintes, quel que soit le trimestre ;
- les patients atteints d'affections de longue durée (ALD) respiratoires, cardiaques, métaboliques ou neurologiques ;
- l'entourage des nourrissons à risque et des personnes immunodéprimées ;
- les professionnels de santé et soignants en EHPAD.
Le vaccin antigrippal et le rappel Covid sont pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie pour les publics éligibles, sans avance de frais. Pour les nourrissons, deux outils complémentaires existent : l'immunisation passive par nirsevimab (anticorps monoclonal) et le vaccin maternel contre le VRS administré pendant la grossesse, tous deux recommandés par la Haute Autorité de santé.
Où se faire vacciner ?
Médecins traitants, pharmacies, infirmiers libéraux et sages-femmes peuvent prescrire et administrer les vaccins concernés. Les dates et lieux des centres de vaccination sont consultables sur sante.fr et sur le site de l'Assurance Maladie.
Gestes barrières et prévention au quotidien
La vaccination ne suffit pas à elle seule. Les gestes barrières, intégrés depuis l'épidémie de Covid-19, restent les piliers de la prévention des infections respiratoires hivernales. Ils sont particulièrement importants en présence de nourrissons ou de personnes fragiles.
- Lavage des mains régulier à l'eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique ;
- Aération des pièces de vie au moins 10 minutes plusieurs fois par jour ;
- Port du masque en cas de symptômes ou lors de visites à des personnes vulnérables ;
- Limitation des contacts rapprochés avec les nourrissons en période épidémique ;
- Évitement des lieux clos très fréquentés lorsque cela est possible.
Le service public ameli.fr et le ministère de la Santé rappellent ces consignes à chaque saison hivernale, dans le cadre d'une stratégie globale de réduction des hospitalisations évitables.
Quel remboursement pour les soins liés à ces infections ?
Les consultations chez le médecin traitant sont remboursées par la Sécurité sociale à hauteur de 70 % du tarif de base (30 € pour une consultation à 30 €, soit 21 € pris en charge, hors participation forfaitaire de 2 €). Le reste à charge est couvert, en partie ou en totalité, par la complémentaire santé selon le niveau de garanties souscrit.
Pour les médicaments, le taux de remboursement varie selon le service médical rendu (SMR) :
- 65 % pour les médicaments à SMR majeur ou important (antibiotiques, antiviraux) ;
- 30 % pour les médicaments à SMR modéré (certains antitussifs) ;
- 15 % pour ceux à SMR faible.
Les hospitalisations liées à une bronchiolite, une grippe sévère ou un Covid grave relèvent du régime hospitalier de la Sécurité sociale, avec un forfait journalier hospitalier de 20 € à la charge du patient (sauf exonération). La complémentaire santé prend généralement en charge ce forfait, ainsi que la chambre individuelle si elle est prévue au contrat.
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Questions fréquentes
À partir de quand parle-t-on d'épidémie de bronchiolite ?
Santé publique France utilise un seuil épidémique basé sur les passages aux urgences et les hospitalisations de nourrissons pour bronchiolite. Lorsque ce seuil est dépassé pendant deux semaines consécutives dans une région, celle-ci passe officiellement en phase épidémique. L'Île-de-France est la première région concernée pour l'hiver 2025-2026, avec une accélération observée dès la mi-novembre.
Le vaccin contre la grippe est-il remboursé ?
Oui, le vaccin antigrippal est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie pour les publics ciblés par la campagne annuelle : personnes de 65 ans et plus, femmes enceintes, patients en ALD, entourage des nourrissons à risque et professionnels de santé. L'injection peut être réalisée par un médecin, un pharmacien, une sage-femme ou un infirmier libéral.
Existe-t-il un traitement préventif contre la bronchiolite chez le nourrisson ?
Oui. Depuis la campagne 2023-2024, le nirsevimab, un anticorps monoclonal, est proposé aux nouveau-nés pour les protéger contre les formes sévères de bronchiolite. Un vaccin maternel administré durant la grossesse est également recommandé par la Haute Autorité de santé pour transmettre une protection passive au nourrisson dès la naissance.
Faut-il consulter à chaque syndrome grippal ?
Pas systématiquement. Une grippe sans complication peut être prise en charge à domicile avec du repos, une bonne hydratation et des antalgiques. Une consultation médicale est en revanche nécessaire en cas de fièvre persistante au-delà de trois jours, de gêne respiratoire, d'aggravation de l'état général ou si le patient appartient à un groupe à risque (personne âgée, immunodéprimée, femme enceinte).
La complémentaire santé couvre-t-elle l'hospitalisation pour une infection respiratoire ?
Oui, la plupart des contrats responsables couvrent le ticket modérateur et le forfait journalier hospitalier (20 €/jour) sans limitation de durée. Selon le niveau de garanties, la chambre particulière, les dépassements d'honoraires des praticiens et certains frais annexes peuvent également être pris en charge. Les niveaux varient selon les contrats, d'où l'intérêt d'examiner les garanties hospitalisation avant l'hiver.