Actualités santé novembre 2025 : PLFSS 2026, ANSM, dépression
Novembre 2025 a été marqué par une actualité santé particulièrement dense. Entre les débats parlementaires autour du PLFSS 2026, la généralisation progressive des notices numériques pilotée par l'ANSM, les avancées thérapeutiques contre l'obésité et le diabète, ou encore la mobilisation des autorités sanitaires face à la dépression adulte, le mois a multiplié les annonces susceptibles d'impacter le quotidien des assurés. EcoMutuelle revient sur les huit informations majeures à retenir et leurs implications concrètes pour votre couverture santé.

PLFSS 2026 : pas de plafond aux dépassements d'honoraires
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 a animé les débats parlementaires tout au long du mois de novembre. Parmi les arbitrages les plus commentés figure le renoncement à encadrer plus strictement les dépassements d'honoraires pratiqués par les médecins de secteur 2. Le gouvernement a finalement écarté l'option d'un plafonnement, malgré les recommandations répétées de la Cour des comptes et de plusieurs associations de patients.
Cette décision intervient dans un contexte de tension grandissante. Selon les données publiées par l'Assurance Maladie sur ameli.fr, les dépassements représentent désormais plusieurs milliards d'euros par an, dont une part importante reste à la charge des assurés après remboursement de la Sécurité sociale.
- Le reste à charge dépend directement du contrat de complémentaire santé souscrit.
- Les contrats responsables limitent la prise en charge des dépassements pour les praticiens non adhérents à l'OPTAM.
- Vérifier les garanties « honoraires » de son contrat devient essentiel avant chaque consultation spécialisée.
Pour faire le point sur les arbitrages 2026, consultez notre suivi du budget de la Sécurité sociale 2026.
Notices de médicaments : l'ANSM lance le format numérique
L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a officialisé en novembre 2025 le déploiement progressif des notices numériques pour les médicaments distribués en ville et à l'hôpital. Objectif affiché : réduire l'empreinte papier, garantir une information toujours à jour et faciliter l'accès aux mises en garde pour les patients comme pour les professionnels.
Concrètement, un QR code apposé sur la boîte renverra vers la dernière version validée de la notice. Le format papier sera maintenu sur demande pour les publics qui en ont besoin, notamment les seniors peu à l'aise avec le numérique.
Ce que change cette évolution pour les assurés
- Information actualisée en temps réel sur les contre-indications et effets indésirables.
- Accessibilité pour les personnes malvoyantes via lecture vocale sur smartphone.
- Traçabilité renforcée des modifications imposées par les autorités de pharmacovigilance.
Cette réforme s'inscrit dans un mouvement plus large de dématérialisation, déjà engagé avec la carte Vitale numérique.
Orforglipron : un traitement oral contre l'obésité et le diabète de type 2
Les laboratoires ont communiqué en novembre les résultats encourageants des essais cliniques de phase 3 portant sur l'orforglipron, un analogue du GLP-1 disponible sous forme orale. Contrairement aux traitements injectables actuels (sémaglutide, tirzépatide), cette molécule pourrait être absorbée en comprimé une fois par jour, sans contrainte alimentaire.
Les données présentées font état d'une perte de poids significative et d'une amélioration de l'équilibre glycémique chez les patients atteints de diabète de type 2. Pour l'HAS, l'arrivée d'une forme orale représenterait un progrès majeur d'observance.
| Caractéristique | Traitements injectables actuels | Orforglipron (oral) |
|---|---|---|
| Mode d'administration | Injection sous-cutanée hebdomadaire | Comprimé quotidien |
| Contrainte alimentaire | Aucune | Aucune (en cours d'évaluation) |
| Indication étudiée | Obésité, diabète type 2 | Obésité, diabète type 2 |
Le remboursement par l'Assurance Maladie dépendra de l'évaluation médico-économique conduite après l'autorisation de mise sur le marché européenne.
Santé mentale : la dépression adulte préoccupe les autorités
Les autorités sanitaires ont alerté en novembre 2025 sur la progression continue de la dépression chez les adultes. Selon les données de Santé publique France, les indicateurs de souffrance psychique restent élevés, notamment chez les 25-45 ans et chez les aidants familiaux.
Plusieurs leviers sont actionnés en parallèle :
- Renforcement du dispositif Mon soutien psy, qui couvre désormais jusqu'à 12 séances par an chez un psychologue conventionné.
- Sensibilisation des médecins généralistes au repérage précoce des troubles de l'humeur.
- Travail sur l'environnement professionnel et l'équilibre vie privée/vie professionnelle.
Côté complémentaire santé, certains contrats proposent désormais des forfaits dédiés au soutien psychologique, en complément du remboursement Sécurité sociale. Pour mieux comprendre ces évolutions, retrouvez notre dossier Mon soutien psy.
Vaccination contre la grippe en EHPAD : vers le maintien du caractère facultatif
Le débat sur l'obligation vaccinale en EHPAD a refait surface en novembre. Si la couverture vaccinale des résidents reste élevée, celle des personnels soignants demeure inégale d'un établissement à l'autre. Les autorités sanitaires plaident pour le maintien d'une approche incitative plutôt que coercitive, tout en renforçant les actions de sensibilisation à chaque rentrée hivernale.
Pourquoi la vaccination reste essentielle
- La grippe saisonnière cause chaque année plusieurs milliers d'hospitalisations chez les plus de 65 ans.
- La vaccination du personnel réduit le risque de transmission nosocomiale aux résidents fragiles.
- Le vaccin antigrippal est intégralement pris en charge pour les personnes de 65 ans et plus.
Les complémentaires santé seniors couvrent également la vaccination antigrippale pour les publics plus jeunes considérés à risque, sur prescription médicale.
Vers une légalisation du télétravail pendant un arrêt maladie
Une proposition de loi débattue en novembre envisage d'autoriser, sous conditions strictes, le télétravail pendant un arrêt maladie. Aujourd'hui, l'arrêt prescrit par un médecin interdit en principe toute activité professionnelle, sauf autorisation expresse. L'objectif du texte est d'encadrer une pratique informelle déjà observée pour certaines pathologies compatibles avec une activité réduite à domicile.
Les partenaires sociaux ont exprimé des positions divergentes :
- Côté employeurs : possibilité d'aménager le travail sans rompre le lien contractuel.
- Côté salariés : crainte d'un brouillage de la frontière entre soin et travail.
- Côté médecins : nécessité de garantir le respect de la prescription médicale.
Le dispositif, s'il était voté, reposerait sur un avis médical explicite et sur l'accord du salarié. Les modalités précises de mise en œuvre figureront dans les textes d'application publiés au Légifrance.
Endotest : l'efficacité du test salivaire de l'endométriose remise en question
L'Endotest, test salivaire conçu pour aider au diagnostic de l'endométriose, fait l'objet de nouveaux débats. Plusieurs publications scientifiques ont mis en doute sa robustesse et la reproductibilité de ses performances dans la vraie vie. La Haute Autorité de santé (HAS) doit se prononcer sur les conditions de son éventuel remboursement par l'Assurance Maladie.
Pour les femmes concernées, l'enjeu est important : l'endométriose touche environ une femme sur dix en âge de procréer et son diagnostic reste souvent long (jusqu'à 7 ans en moyenne). Tant que le test n'est pas pris en charge, le coût reste à la charge des patientes ou de leur complémentaire santé, selon les garanties souscrites.
Pour suivre la suite de ce dossier, consultez notre article L'Endotest au cœur de la polémique.
Maladies respiratoires saisonnières : un hiver sous surveillance
Comme chaque année, les maladies respiratoires saisonnières ressurgissent avec l'arrivée du froid : grippe, bronchiolite, virus respiratoire syncytial (VRS), Covid-19. Santé publique France a appelé en novembre à la vigilance, en particulier pour les nourrissons, les seniors et les personnes immunodéprimées.
- La bronchiolite chez le nourrisson bénéficie désormais d'un anticorps monoclonal préventif.
- Le VRS dispose d'un vaccin recommandé chez les plus de 75 ans.
- La campagne combinée grippe + Covid-19 se poursuit en pharmacie et en cabinet médical.
Adopter les gestes barrières (lavage des mains, aération des espaces, port du masque en cas de symptômes) reste l'un des moyens les plus efficaces pour limiter la circulation virale durant l'hiver.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le PLFSS 2026 et pourquoi en parle-t-on autant ?
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) fixe chaque année les ressources et les dépenses de la Sécurité sociale pour l'exercice suivant. Le PLFSS 2026 a cristallisé les débats en raison de son objectif d'économies (plusieurs milliards d'euros) et de ses arbitrages sensibles, notamment sur les dépassements d'honoraires, les transports sanitaires ou la prise en charge de certains soins. Son adoption finale conditionne le niveau de remboursement des actes médicaux et l'évolution potentielle des cotisations.
Mes dépassements d'honoraires seront-ils mieux remboursés en 2026 ?
Le PLFSS 2026 ne prévoit pas de plafonnement des dépassements d'honoraires côté Sécurité sociale. Le niveau de remboursement dépendra donc principalement de votre complémentaire santé. Pour les médecins adhérents à l'OPTAM, les contrats responsables prennent en charge des dépassements plus élevés. Pour les autres, la couverture est limitée par la réglementation. Vérifier les garanties « honoraires médecins » de votre contrat reste la meilleure manière d'anticiper votre reste à charge.
Comment fonctionneront les notices numériques de médicaments ?
Le dispositif lancé par l'ANSM repose sur un QR code apposé sur la boîte du médicament. Une fois scanné, il renvoie vers la dernière version validée de la notice, hébergée sur une plateforme officielle. Les patients peuvent ainsi consulter les contre-indications, posologies et effets indésirables à jour. Pour les publics qui le souhaitent, le format papier reste disponible sur simple demande en pharmacie.
L'orforglipron sera-t-il remboursé en France ?
L'orforglipron n'est pas encore autorisé sur le marché européen. Son remboursement éventuel par l'Assurance Maladie dépendra de l'avis de la Commission de la Transparence de la HAS, qui évalue le service médical rendu et le service médical rendu amélioré. La décision finale relève des autorités compétentes après publication au Journal officiel. À ce stade, aucune date de mise sur le marché en France n'est confirmée.
Le télétravail pendant un arrêt maladie est-il déjà autorisé ?
Non, à ce jour le télétravail pendant un arrêt maladie n'est pas autorisé en règle générale. L'arrêt prescrit interdit l'exercice d'une activité professionnelle, sauf accord médical explicite (par exemple pour certaines reprises progressives). La proposition discutée en novembre 2025 vise à encadrer une pratique informelle déjà observée. Sans publication d'un texte au Journal officiel et de ses décrets d'application, le cadre actuel reste inchangé.
Comment EcoMutuelle peut-elle m'aider face à ces évolutions ?
EcoMutuelle vous met en relation, gratuitement pour les particuliers, avec un courtier partenaire inscrit à l'ORIAS. Ce professionnel analyse votre situation et vos besoins, puis vous présente des solutions de complémentaire santé adaptées à votre profil. Le service est sans engagement et vous permet de comparer plusieurs propositions au regard des évolutions réglementaires en cours, notamment celles issues du PLFSS 2026.