Confinement 2020 : report massif des soins en France, le bilan
Le premier confinement instauré en mars 2020 pour endiguer la propagation du SARS-CoV-2 a profondément bouleversé le parcours de soins des Français. Médecins hospitaliers et libéraux ont rapidement alerté sur l'ampleur des consultations annulées, des examens reportés et des interventions différées. Dans son rapport annuel publié à l'été 2020, la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam) anticipait plusieurs mois nécessaires pour résorber le retard accumulé. Cette page revient sur le phénomène, ses causes et ses conséquences sanitaires à moyen terme pour la population.

Le contexte sanitaire du printemps 2020
Entre le 17 mars et le 11 mai 2020, la France a vécu un confinement strict destiné à freiner la circulation du coronavirus et à éviter la saturation des services hospitaliers. Durant cette période, l'activité médicale courante a été largement mise en pause : consultations de médecine générale, suivis spécialisés, examens d'imagerie et chirurgies non urgentes ont été reportés sur instruction des autorités sanitaires.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène inédit :
- La déprogrammation massive décidée dans les établissements hospitaliers afin de libérer des lits de réanimation pour les patients atteints de la Covid-19.
- La crainte d'une contamination en cabinet médical ou aux urgences, qui a dissuadé de nombreux patients de consulter.
- Les restrictions de déplacement et la fermeture partielle des cabinets libéraux, en particulier en dentaire et en kinésithérapie.
- La mobilisation du personnel soignant sur la prise en charge des cas graves de Covid-19.
La téléconsultation a connu un essor spectaculaire pendant cette période, mais elle n'a pas suffi à compenser l'arrêt des actes nécessitant une présence physique, comme l'imagerie, la biologie ou les soins dentaires. Plus d'informations sur la téléconsultation et son remboursement sont disponibles sur ameli.fr.
L'ampleur du report de soins constaté par la Cnam
Dans son rapport « Charges et produits » publié en juillet 2020, la Caisse nationale de l'assurance maladie a chiffré l'impact du confinement sur les actes médicaux remboursés. Les baisses d'activité ont été particulièrement marquées dans certains domaines.
| Type d'acte | Tendance observée pendant le confinement |
|---|---|
| Consultations de médecine générale en cabinet | Forte baisse, partiellement compensée par la téléconsultation |
| Soins dentaires | Quasi-arrêt total durant 8 semaines |
| Actes de kinésithérapie | Effondrement de l'activité libérale |
| Examens d'imagerie médicale | Chute marquée des prescriptions et réalisations |
| Dépistages organisés (cancers, diabète…) | Suspension quasi complète |
| Hospitalisations programmées | Déprogrammation massive |
La Cnam soulignait alors que le système de santé français aurait besoin de plusieurs mois, voire davantage selon les territoires, pour absorber l'arriéré. Le sujet a été d'autant plus prégnant dans les régions déjà en tension avant la crise.
Les propositions pour améliorer la prise en charge
Face à ce constat, la Cnam a formulé plusieurs orientations destinées à fluidifier le retour à un rythme de soins normal et à mieux accompagner les patients fragiles.
Mobiliser l'organisation territoriale
L'Assurance maladie proposait de s'appuyer sur les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et les maisons de santé pluri-professionnelles pour identifier les patients ayant interrompu leur suivi et leur proposer un rendez-vous prioritaire.
Renforcer la prévention et le dépistage
Un effort particulier était préconisé sur les campagnes de dépistage organisé (cancer du sein, cancer colorectal, col de l'utérus) et sur le suivi des maladies chroniques. L'objectif : éviter que des diagnostics tardifs ne s'ajoutent au bilan sanitaire de l'épidémie.
Pérenniser la téléconsultation
Le déploiement accéléré de la téléconsultation pendant le confinement a démontré son utilité pour maintenir un lien avec les patients. La Cnam plaidait pour la stabilisation des règles de prise en charge à 100 % dans le contexte sanitaire, en lien avec les évolutions du droit de la sécurité sociale consultables sur legifrance.gouv.fr.
Des risques non négligeables pour la population
Le report des soins ne se traduit pas seulement par des files d'attente plus longues : il génère des conséquences sanitaires concrètes pour les personnes concernées. Les professionnels de santé ont alerté sur plusieurs risques majeurs.
- Aggravation des pathologies chroniques faute de suivi régulier (diabète, hypertension, insuffisance rénale, BPCO).
- Retards de diagnostic en oncologie, avec des cancers détectés à des stades plus avancés et un pronostic potentiellement dégradé.
- Détérioration de la santé bucco-dentaire après plusieurs semaines sans soins conservateurs.
- Complications post-AVC ou post-infarctus chez des patients ayant tardé à consulter aux urgences par crainte de contamination.
- Impacts sur la santé mentale, avec une hausse des troubles anxio-dépressifs documentée par Santé publique France.
Plusieurs sociétés savantes ont insisté sur l'importance, dès la fin du confinement, de renouer le contact avec les patients fragiles, en particulier les seniors et les personnes en affection de longue durée (ALD).
Quelles conséquences pour la couverture santé des Français ?
Le report massif des soins a également posé la question du rôle des complémentaires santé dans la prise en charge des restes à charge. Si la Sécurité sociale rembourse les soins selon des taux fixés par la convention médicale, une complémentaire santé prend en charge tout ou partie du ticket modérateur ainsi que les dépassements d'honoraires éventuels, dans la limite des garanties souscrites.
Quelques repères utiles concernant les remboursements de base :
- Consultation chez le médecin traitant : taux de remboursement Sécu de 70 % de la base de remboursement.
- Soins dentaires conservateurs : 70 % de la base.
- Hospitalisation : 80 % du tarif de référence, hors forfait journalier hospitalier.
- Imagerie médicale et actes techniques : généralement 70 % de la base.
Pour comprendre les niveaux de couverture et leurs implications financières, vous pouvez consulter notre rubrique actualités ou les pages thématiques officielles disponibles sur service-public.fr.
EcoMutuelle vous met en relation, gratuitement pour les particuliers, avec un courtier partenaire inscrit à l'ORIAS, qui pourra analyser vos garanties actuelles et vous proposer un accompagnement personnalisé.
Les enseignements à long terme de cette crise
La crise du printemps 2020 a mis en lumière plusieurs fragilités structurelles du système de santé français et a accéléré certaines transformations.
Une accélération de la transformation numérique
La téléconsultation, le télésoin et les ordonnances dématérialisées ont connu une montée en puissance qui s'est ensuite inscrite dans la durée. Le déploiement de Mon espace santé et de la nouvelle carte Vitale numérique en est une suite logique.
Une vigilance accrue sur le renoncement aux soins
Le confinement a rappelé que le renoncement aux soins existait avant la crise et qu'il touche prioritairement les populations modestes ou éloignées des centres médicaux. Les pouvoirs publics ont depuis renforcé les dispositifs d'accompagnement comme la Complémentaire santé solidaire (C2S).
Une réflexion sur la résilience hospitalière
Les déprogrammations massives ont nourri un débat sur le nombre de lits disponibles, les capacités de réanimation et la coordination entre ville et hôpital. Ces enjeux restent au cœur des projets de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) consultables sur gouvernement.fr.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le report de soins évoqué par la Cnam en 2020 ?
Le report de soins désigne l'ensemble des consultations, examens, interventions chirurgicales et soins dentaires qui n'ont pas pu être réalisés pendant le confinement instauré entre mars et mai 2020. Dans son rapport annuel publié à l'été 2020, la Cnam a estimé que la résorption de cet arriéré prendrait plusieurs mois, voire davantage selon les territoires et les spécialités concernées.
Quels actes médicaux ont été les plus touchés ?
Les soins dentaires, la kinésithérapie, l'imagerie médicale, les dépistages organisés et les hospitalisations programmées ont connu les baisses d'activité les plus marquées. La médecine générale a été partiellement maintenue grâce à l'essor de la téléconsultation, mais de nombreux actes nécessitant une présence physique n'ont pas pu être assurés pendant cette période.
Pourquoi des patients ont-ils renoncé à consulter pendant le confinement ?
Plusieurs raisons expliquent ce renoncement : la crainte d'une contamination en cabinet ou à l'hôpital, les difficultés d'accès liées aux restrictions de déplacement, la fermeture partielle de certains cabinets libéraux et la priorisation des urgences sanitaires. Cette situation a contribué à des retards de diagnostic dans plusieurs spécialités, notamment en cancérologie.
Quelles ont été les conséquences sanitaires du report de soins ?
Les professionnels de santé ont alerté sur l'aggravation des pathologies chroniques, les retards de diagnostic des cancers, la détérioration de la santé bucco-dentaire ainsi que des complications cardiovasculaires liées au retard de prise en charge. La santé mentale a également été affectée, avec une hausse documentée des troubles anxio-dépressifs par Santé publique France.
Comment une complémentaire santé peut-elle aider face à des soins reportés ?
Une complémentaire santé prend en charge tout ou partie du ticket modérateur laissé par la Sécurité sociale, ainsi que certains dépassements d'honoraires et frais non remboursés (chambre particulière, prothèses dentaires hors panier 100 % Santé, etc.). Dans le contexte d'un rattrapage de soins, disposer d'une couverture adaptée permet de mieux maîtriser le reste à charge.
Comment être accompagné pour analyser ma couverture santé ?
EcoMutuelle vous met en relation, gratuitement pour les particuliers, avec un courtier partenaire inscrit à l'ORIAS. Ce professionnel peut étudier vos garanties existantes, vérifier leur adéquation avec votre situation et vous présenter des solutions adaptées à vos besoins, en toute transparence.