Une consigne assouplie pour les futures mamans en salle de naissance

Port du masque pendant l'accouchement : la position du gouvernement en novembre 2020

Le 9 novembre 2020, au plus fort de la deuxième vague épidémique, le gouvernement français a tranché un débat qui agitait les maternités et de nombreuses associations de patientes : faut-il imposer le port du masque aux femmes pendant le travail et l'expulsion ? Dans un communiqué officiel, l'exécutif a précisé que le port du masque par la parturiente est recommandé en présence du personnel soignant, sans toutefois en faire une obligation absolue. EcoMutuelle revient sur cette consigne, sur l'avis du Haut Conseil de la santé publique et sur les pratiques observées dans d'autres pays européens.

Une polémique née en pleine deuxième vague

À l'automne 2020, la circulation du SARS-CoV-2 reprend de l'ampleur en France. Les hôpitaux renforcent leurs protocoles sanitaires et les maternités, comme tout service hospitalier, durcissent les règles d'admission. Plusieurs établissements imposent alors le port du masque chirurgical aux femmes en travail, y compris pendant la phase d'expulsion.

La consigne suscite rapidement une vive émotion. Des collectifs de patientes, des sages-femmes et des gynécologues prennent la parole pour dénoncer une mesure jugée disproportionnée. Les arguments se concentrent autour de trois points : la difficulté physiologique à respirer sous un masque pendant les efforts de poussée, l'inconfort psychologique d'une mère privée de son visage découvert au moment de la rencontre avec son bébé, et l'absence de preuve scientifique solide quant à l'utilité de la mesure dans ce contexte précis.

Face à la multiplication des témoignages et à la médiatisation de la controverse, le ministère des Solidarités et de la Santé a pris position le 9 novembre 2020. L'objectif : harmoniser les pratiques entre établissements et clarifier ce qui relevait de la recommandation et ce qui relevait de la contrainte. Le communiqué officiel rappelle que la santé maternelle reste une priorité et que toute consigne sanitaire doit tenir compte de la réalité d'un accouchement.

Que préconise le Haut Conseil de la santé publique ?

Saisi sur cette question sensible, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a rendu un avis nuancé. L'instance scientifique a recommandé le port du masque par la parturiente dès lors que le personnel soignant se trouve à proximité immédiate, c'est-à-dire pendant les examens, les consultations et la prise en charge médicale.

En revanche, le HCSP a explicitement reconnu que le masque pouvait être retiré pendant la phase d'expulsion. Cette exception tient compte de l'effort physique intense fourni par la femme, du risque d'hyperventilation et de l'inconfort majeur que représente un masque humide saturé d'air expiré pendant plusieurs heures.

Les principes retenus par le HCSP

  • Port du masque chirurgical recommandé tant que le travail n'est pas à son terme.
  • Possibilité de le retirer pendant la phase d'expulsion sur décision de l'équipe soignante.
  • Maintien des autres gestes barrières (lavage des mains, distanciation entre visiteurs, ventilation).
  • Adaptation à la situation clinique de chaque patiente, notamment en cas de difficulté respiratoire.

Cet avis a servi de socle au communiqué gouvernemental, qui invitait les maternités à adapter leurs protocoles en conséquence et à éviter toute application rigide pénalisante pour les futures mères.

Quelles recommandations dans les autres pays ?

Les approches retenues à l'étranger ont varié sensiblement d'un pays à l'autre, en fonction de la situation épidémique locale et de la culture sanitaire de chaque système de santé.

PaysPosition fin 2020
Royaume-UniPort du masque recommandé à l'arrivée et pendant les consultations, retrait possible pendant le travail actif.
AllemagneRecommandation similaire, avec une grande latitude laissée aux équipes obstétricales.
EspagnePort obligatoire à l'entrée de la maternité, assoupli pendant la phase d'expulsion.
ItalieRecommandation calquée sur les protocoles hospitaliers généraux, avec exceptions en cas de détresse respiratoire.
BelgiqueApproche pragmatique, le port étant encouragé sans être imposé pendant la naissance.

L'Organisation mondiale de la santé a, de son côté, défendu une approche centrée sur le respect de la dignité et du confort de la femme. L'institution a rappelé qu'aucune mesure sanitaire ne devait dégrader la qualité de l'accompagnement obstétrical ni transformer un accouchement en expérience traumatisante.

Quelles conséquences concrètes pour les maternités françaises ?

Le communiqué du 9 novembre 2020 a permis d'harmoniser, sur l'essentiel, les protocoles des établissements hospitaliers et des cliniques privées. Les directions médicales ont adapté leurs consignes en tenant compte de l'avis du HCSP et des retours du terrain.

Plusieurs ajustements ont été observés dans les semaines qui ont suivi :

  • Information préalable : les sages-femmes ont systématisé l'explication du protocole pendant les cours de préparation à la naissance.
  • Accompagnant unique : le partenaire est resté autorisé en salle de naissance, sous réserve de respecter le port du masque et un test PCR négatif récent dans certains établissements.
  • Souplesse clinique : la décision finale de garder ou non le masque pendant le travail a été laissée à l'appréciation conjointe de la patiente et de l'équipe.
  • Soutien psychologique : plusieurs hôpitaux ont renforcé l'accompagnement post-partum pour limiter l'impact émotionnel des restrictions sanitaires.

Cette clarification a contribué à apaiser le débat public, même si certaines associations ont continué à plaider pour une suppression totale de la consigne pendant la phase active du travail.

Maternité et complémentaire santé : ce qu'il faut anticiper

Au-delà des consignes sanitaires conjoncturelles, la maternité reste un moment de vie qui appelle une couverture santé adaptée. La Sécurité sociale prend en charge la quasi-totalité des frais liés à l'accouchement, mais certains postes restent partiellement remboursés : chambre individuelle, dépassements d'honoraires, péridurale spécifique, suivi post-natal en sage-femme libérale, séances d'ostéopathie pour la mère ou le nourrisson.

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  • Prise en charge des médecines douces (acupuncture, ostéopathie, sophrologie) avant et après la naissance.
  • Forfait naissance versé à l'arrivée de l'enfant.
  • Couverture immédiate du nouveau-né dès son inscription au contrat.

Questions fréquentes

Le masque était-il vraiment obligatoire pour les femmes qui accouchaient en France ?

Non. Depuis le communiqué du 9 novembre 2020, le port du masque par la parturiente est recommandé en présence du personnel soignant, mais il n'a jamais constitué une obligation absolue. Le gouvernement a expressément laissé la possibilité aux femmes de retirer leur masque pendant la phase d'expulsion, en concertation avec l'équipe médicale.

L'accompagnant pouvait-il assister à l'accouchement pendant la deuxième vague ?

Oui, dans la grande majorité des maternités. Le partenaire ou la personne désignée par la patiente est resté autorisé en salle de naissance, à condition de porter un masque, de respecter les gestes barrières et, parfois, de présenter un test PCR négatif récent. Les modalités précises variaient selon les établissements et la situation épidémique locale.

Quelles garanties surveiller dans une complémentaire santé pour la maternité ?

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Pourquoi le HCSP a-t-il autorisé le retrait du masque pendant la phase d'expulsion ?

Parce que l'effort physique intense, l'hyperventilation et l'inconfort prolongé d'un masque humide rendent son port difficile à supporter, sans bénéfice sanitaire démontré dans ce contexte précis. L'avis du HCSP a privilégié une approche pragmatique, centrée sur la sécurité et le confort de la patiente.

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