Déconventionnement des médecins généralistes : pourquoi ce choix ?
Le déconventionnement des médecins généralistes s'invite progressivement dans le paysage médical français. Lassés d'une grille tarifaire qu'ils jugent figée et d'un volume de consultations difficile à soutenir, certains praticiens choisissent de quitter la convention signée avec l'Assurance maladie. Cette décision, qui leur permet de fixer librement leurs honoraires, soulève des questions de fond sur l'accès aux soins, la qualité de l'accompagnement et le reste à charge des patients. EcoMutuelle revient sur les ressorts de ce mouvement, ses conséquences concrètes et les solutions de couverture santé associées.

Qu'est-ce que le déconventionnement d'un médecin généraliste ?
En France, la majorité des médecins généralistes exercent dans le cadre d'une convention nationale signée entre les syndicats représentatifs des praticiens et l'Assurance maladie. Ce cadre fixe notamment le tarif de la consultation de référence (secteur 1) et encadre les éventuels dépassements (secteur 2 avec ou sans OPTAM).
Un médecin déconventionné, parfois appelé praticien hors convention ou « secteur 3 », rompt unilatéralement ce contrat. Conséquences directes :
- Il fixe librement le montant de ses honoraires, consultation après consultation.
- Le patient se voit appliquer le tarif d'autorité par l'Assurance maladie : le remboursement Sécurité sociale tombe à une fraction symbolique, souvent quelques dizaines de centimes par acte.
- Le reste à charge augmente fortement, sauf prise en charge par une complémentaire santé adaptée.
Selon le Conseil national de l'Ordre des médecins, le nombre de praticiens hors convention reste minoritaire, mais sa progression depuis 2020 attire l'attention des pouvoirs publics et des associations de patients.
Des honoraires libres, mais des dépassements non encadrés
Premier moteur du déconventionnement : la liberté tarifaire. Tant qu'un médecin reste conventionné en secteur 1, le tarif de base de la consultation de généraliste est strictement fixé. Pour rappel, la convention médicale signée en 2024 a porté cette consultation de référence à 30 euros pour les généralistes, un montant que de nombreux syndicats jugent insuffisant au regard des charges réelles d'un cabinet.
En se déconventionnant, le praticien peut afficher des tarifs qui reflètent, selon lui :
- Le coût réel d'une consultation longue (45 à 60 minutes au lieu de 15).
- Les charges sociales, immobilières et matérielles du cabinet.
- Le temps consacré à la coordination avec d'autres professionnels, à la lecture des examens ou à la rédaction de comptes rendus.
Du côté du patient, l'addition peut grimper : une consultation déconventionnée se facture fréquemment entre 60 et 120 euros, voire davantage en zone tendue. Ce dépassement n'étant plus encadré, le rôle de la complémentaire santé devient déterminant pour amortir le coût.
Comment fonctionne le remboursement face à un médecin hors convention ?
Le principe clé à retenir : lorsque le médecin est déconventionné, l'Assurance maladie applique un tarif d'autorité, très inférieur à la base de remboursement habituelle. Cette base est ensuite réduite des participations forfaitaires en vigueur (participation forfaitaire de 2 euros depuis 2024, par exemple).
Concrètement, pour une consultation facturée 80 euros chez un généraliste hors convention :
| Poste | Montant indicatif |
|---|---|
| Honoraires demandés | 80,00 € |
| Base de remboursement Sécurité sociale | 1,22 € |
| Remboursement effectif (70 % - 2 € forfait) | environ 0 € |
| Reste à charge avant mutuelle | ~ 80 € |
La couverture par une complémentaire santé dépend ensuite des garanties souscrites. Toutes les mutuelles ne prennent pas en charge les actes hors convention de la même façon : certaines remboursent un pourcentage de la base Sécu (donc peu de chose), d'autres proposent des forfaits en euros explicitement dédiés aux praticiens non conventionnés.
Pour anticiper ces situations, il peut être utile de consulter notre dossier sur les dépassements d'honoraires des médecins libéraux.
Une médecine présentée comme plus à l'écoute
Au-delà de la question financière, les praticiens qui franchissent le pas avancent souvent un argument qualitatif : retrouver du temps médical. Beaucoup expliquent ne plus pouvoir suivre la cadence de 30 à 40 patients par jour, jugée incompatible avec une consultation approfondie.
Le déconventionnement leur permet de :
- Limiter à 8 à 12 consultations longues par jour.
- Allouer plus de temps à l'examen clinique et à l'écoute du patient.
- Réduire la charge administrative en supprimant certaines obligations conventionnelles.
- Mieux articuler vie professionnelle et vie personnelle.
Cette approche fait écho à un débat plus large sur les consultations mensuelles programmées dans les déserts médicaux et sur la pénurie de temps médical. Pour autant, plusieurs sociétés savantes alertent : si le déconventionnement reste un mode d'exercice marginal, il peut localement aggraver les difficultés d'accès aux soins pour les patients aux revenus modestes.
Quel impact sur l'accès aux soins et le portefeuille des patients ?
Le déconventionnement, lorsqu'il se diffuse dans un bassin de vie déjà sous-doté en généralistes, peut renforcer les inégalités. Les patients en ALD (affection de longue durée), les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) ou les ménages modestes sont les plus exposés au renoncement aux soins, faute de pouvoir absorber les honoraires libres.
Quelques précautions à prendre côté patient
- Vérifier le secteur d'exercice sur l'annuaire santé de l'Assurance maladie avant de prendre rendez-vous.
- Demander un devis systématique pour toute consultation supérieure à 70 euros.
- Comparer les garanties de sa complémentaire, notamment la ligne « médecin hors convention » ou « dépassements d'honoraires ».
- S'informer sur les solutions de second recours (centres de santé, maisons de santé pluriprofessionnelles).
Le rôle d'une bonne complémentaire santé
Une mutuelle adaptée peut prévoir un forfait spécifique pour les actes réalisés hors convention, exprimé en euros plutôt qu'en pourcentage de la base Sécu. Ce type de garantie est particulièrement utile pour les familles qui consultent régulièrement le même médecin déconventionné, ou pour les patients suivis pour une pathologie chronique nécessitant un accompagnement long.
EcoMutuelle : trouver un courtier ORIAS pour vous accompagner
EcoMutuelle vous met en relation, gratuitement pour les particuliers, avec un courtier partenaire inscrit à l'ORIAS. Le courtier analyse votre situation, votre budget et vos besoins (consultations fréquentes, suivi spécialiste, médecines douces, hospitalisation, hors convention…) afin de vous présenter les contrats correspondants.
Cette mise en relation est particulièrement utile lorsque :
- Votre médecin traitant envisage ou a annoncé un déconventionnement.
- Vous changez de région et découvrez une offre de soins majoritairement en secteur 2 ou hors convention.
- Vous comparez plusieurs offres mutuelles seniors selon les départements.
- Vous souhaitez rééquilibrer un contrat d'entreprise par une surcomplémentaire individuelle.
Le particulier reste libre de ses choix : EcoMutuelle ne commercialise pas de contrat, ne négocie pas et ne sélectionne pas à votre place. Le courtier ORIAS partenaire, lui, est habilité à présenter, conseiller et souscrire les garanties santé.
Questions fréquentes
Pourquoi un médecin choisit-il de se déconventionner ?
Les raisons principales sont la liberté de fixer ses honoraires, l'allègement de la charge administrative et la possibilité de proposer des consultations plus longues. Certains praticiens estiment que le tarif conventionné ne couvre plus correctement les charges d'un cabinet libéral et préfèrent fonctionner avec un nombre réduit de patients quotidiens.
Suis-je remboursé si je consulte un médecin hors convention ?
Oui, mais très partiellement. L'Assurance maladie applique un tarif d'autorité particulièrement bas, ce qui aboutit souvent à un remboursement quasi nul. Le reste à charge dépend alors fortement de votre complémentaire santé et de la présence, ou non, d'un forfait dédié aux médecins déconventionnés dans vos garanties.
Comment savoir si mon médecin généraliste est conventionné ?
L'information figure sur l'annuaire santé de l'Assurance maladie (annuairesante.ameli.fr) et doit aussi être affichée dans la salle d'attente du cabinet. Vous pouvez demander directement au secrétariat le secteur d'exercice (1, 2 ou non conventionné) avant de prendre rendez-vous.
Toutes les mutuelles couvrent-elles les médecins déconventionnés ?
Non. Beaucoup de contrats prévoient un remboursement aligné sur la base Sécurité sociale, ce qui est insuffisant face à des honoraires libres. Les garanties les plus complètes proposent un forfait en euros par consultation hors convention, ou un pourcentage de la base reconstituée. Une lecture attentive des conditions générales est indispensable.
EcoMutuelle propose-t-elle des contrats santé ?
Non. EcoMutuelle ne commercialise aucun contrat. La plateforme assure uniquement la mise en relation, gratuite pour les particuliers, avec un courtier partenaire inscrit à l'ORIAS. C'est ce professionnel, soumis à des obligations réglementaires, qui présente les offres et accompagne la souscription éventuelle.
Le déconventionnement va-t-il se généraliser ?
Pour l'instant, il s'agit d'un phénomène encore marginal mais en progression. Les pouvoirs publics suivent de près l'évolution du nombre de praticiens hors convention, notamment dans les zones déjà fragilisées par la démographie médicale. Les futures négociations conventionnelles devraient en partie chercher à freiner cette tendance.