Système PRIMA : un espoir contre l'atrophie géographique liée à la DMLA
L'atrophie géographique, forme avancée de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), prive progressivement les patients de leur vision centrale. Pendant longtemps, aucune solution n'a permis de restaurer la vue perdue. Le système PRIMA, un implant rétinien sans fil développé après plus de quinze années de recherche, marque un tournant majeur : les essais internationaux menés sur des patients atteints de DMLA atrophique ont démontré sa capacité à restituer une perception visuelle utile, suffisante pour relire un texte ou identifier des formes.

DMLA et atrophie géographique : une cause majeure de cécité chez les seniors
La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est la première cause de malvoyance après 50 ans dans les pays industrialisés. Selon l'Inserm, près d'un million de Français sont concernés, et ce chiffre devrait doubler d'ici 2050 sous l'effet du vieillissement démographique.
La maladie touche la macula, zone centrale de la rétine responsable de la vision fine, celle qui permet de lire, reconnaître un visage ou conduire. On distingue deux formes :
- La DMLA humide (ou exsudative) : prolifération de vaisseaux anormaux sous la rétine, traitable par injections intravitréennes d'anti-VEGF.
- La DMLA sèche (ou atrophique), qui évolue vers l'atrophie géographique : disparition progressive des cellules rétiniennes, sans traitement curatif disponible jusqu'à présent.
L'atrophie géographique représente environ 20 % des formes avancées de DMLA. Elle se traduit par l'apparition d'une tache aveugle centrale qui s'agrandit avec le temps, jusqu'à rendre impossibles les activités du quotidien comme la lecture, la cuisine ou les déplacements autonomes.
Le système PRIMA : comment fonctionne cet implant rétinien révolutionnaire
Développé conjointement par des équipes de recherche françaises et américaines, le dispositif PRIMA repose sur une puce photovoltaïque sans fil de seulement 2 mm de côté, implantée chirurgicalement sous la rétine, à l'emplacement de la zone atrophiée. L'intervention dure environ deux heures.
Le système comporte trois éléments interconnectés :
- L'implant rétinien : une puce de 378 électrodes qui convertit la lumière en signaux électriques transmis aux cellules nerveuses encore fonctionnelles.
- Des lunettes équipées d'une caméra qui capte les images de l'environnement.
- Un boîtier de traitement portable qui transforme les images en faisceaux infrarouges projetés vers la puce.
Le cerveau apprend progressivement à interpréter ces nouvelles informations visuelles, grâce à une rééducation orthoptique de plusieurs mois. La vision artificielle ainsi reconstituée s'ajoute à la vision périphérique préservée, ce qui constitue une originalité majeure de PRIMA par rapport aux implants antérieurs.
Une avancée fondée sur quinze ans de recherche
Le projet a été initié dans les années 2010 par les équipes du Pr José-Alain Sahel à l'Institut de la Vision (Paris), en collaboration avec l'Université de Stanford. La société française Pixium Vision, puis l'entreprise américaine Science Corporation, ont assuré son développement industriel. PRIMA a obtenu le marquage CE en Europe et bénéficie d'une procédure accélérée auprès de la FDA américaine.
Les résultats des essais cliniques internationaux
L'étude pivot PRIMAvera a inclus 38 patients répartis dans plusieurs centres d'ophtalmologie en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Tous présentaient une atrophie géographique avancée, avec une acuité visuelle centrale très dégradée.
Les principaux enseignements à 12 mois sont les suivants :
| Critère | Résultat observé |
|---|---|
| Gain d'acuité visuelle moyen | Équivalent à 5 lignes sur l'échelle ETDRS |
| Patients capables de relire des lettres | 27 sur 32 évalués (≈ 84 %) |
| Patients lisant des mots ou des phrases | 26 sur 32 (≈ 81 %) |
| Sécurité de l'implantation | Aucun effet secondaire grave non résolu |
Pour la première fois, un dispositif a permis à des personnes atteintes d'atrophie géographique de retrouver la capacité de lire, même si la vitesse reste inférieure à celle d'une vision naturelle. Les résultats ont été publiés dans une revue scientifique de référence et présentés lors de congrès internationaux d'ophtalmologie.
Quelle prise en charge envisageable en France ?
À ce stade, le dispositif PRIMA n'est pas encore intégré au panier de soins remboursés par l'Assurance Maladie. Une évaluation par la Haute Autorité de Santé (HAS) sera nécessaire avant toute inscription sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR), procédure qui s'étend habituellement sur 12 à 24 mois après le marquage CE.
Les patients souhaitant bénéficier précocement de PRIMA peuvent, dans certains cas, intégrer un protocole clinique encadré, dont le coût est alors couvert par le promoteur de l'étude. Pour les implantations futures hors essai, plusieurs leviers de financement seront mobilisables :
- L'Assurance Maladie obligatoire, dans le cadre de l'ALD 30 (affection de longue durée) si la DMLA est reconnue à ce titre par le médecin-conseil.
- La complémentaire santé, pour la prise en charge du ticket modérateur, du forfait journalier hospitalier et d'éventuels dépassements d'honoraires.
- Les aides spécifiques à la déficience visuelle (MDPH, allocation adulte handicapé, prestation de compensation du handicap).
Pour optimiser sa couverture en cas d'innovation thérapeutique, il est utile de comparer les garanties de sa mutuelle, en particulier les postes hospitalisation, optique avancée et équipements spécialisés. EcoMutuelle vous met en relation, gratuitement pour les particuliers, avec un courtier partenaire inscrit à l'ORIAS qui pourra étudier votre contrat actuel et identifier les garanties adaptées à votre situation.
Quelles perspectives pour les personnes malvoyantes ?
Au-delà de PRIMA, plusieurs pistes de recherche progressent en parallèle pour traiter l'atrophie géographique :
- Les inhibiteurs du complément (pegcetacoplan, avacincaptad pegol), autorisés aux États-Unis depuis 2023, ralentissent la progression de l'atrophie mais ne restaurent pas la vision perdue.
- La thérapie génique, à l'étude pour cibler les facteurs génétiques de prédisposition à la DMLA.
- La thérapie cellulaire, fondée sur la greffe de cellules souches rétiniennes, en phase préclinique.
Pour les patients déjà fortement malvoyants, des solutions complémentaires existent : aides optiques basse vision, applications de reconnaissance vocale et de navigation, formation à la locomotion, accompagnement par un instructeur en autonomie de la vie journalière. Ces prises en charge sont en partie remboursées par la Sécurité sociale et complétées par les mutuelles, notamment via les forfaits d'aides auditives, optiques et matériel médical adapté.
Couverture mutuelle et pathologies oculaires : ce qu'il faut vérifier
Les pathologies oculaires graves comme la DMLA génèrent des dépenses récurrentes : consultations ophtalmologiques spécialisées (souvent en secteur 2 avec dépassements), examens d'imagerie (OCT, angiographie), injections intravitréennes mensuelles pour les formes humides, équipements optiques sur mesure et, demain, dispositifs implantables comme PRIMA.
Lors du choix ou de la révision de votre complémentaire santé, plusieurs postes méritent une attention particulière :
- Le forfait optique, au-delà du panier 100 % Santé, pour les verres complexes et les aides basse vision.
- Les dépassements d'honoraires en consultation spécialisée (jusqu'à 300 % de la base de remboursement pour les contrats premium).
- L'hospitalisation : chambre individuelle, forfait journalier, frais d'accompagnant.
- Les dispositifs médicaux innovants non encore remboursés par l'Assurance Maladie.
Un courtier ORIAS partenaire peut analyser ces garanties contrat par contrat. EcoMutuelle vous met en relation, gratuitement pour les particuliers, avec un courtier partenaire inscrit à l'ORIAS, sans engagement.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'atrophie géographique ?
L'atrophie géographique est la forme avancée de la DMLA sèche. Elle se caractérise par la disparition progressive des cellules de la rétine centrale (macula), aboutissant à une perte de la vision fine. Une tache sombre s'installe au centre du champ visuel, gênant la lecture, la conduite et la reconnaissance des visages. La vision périphérique est généralement préservée. Selon l'Inserm, cette forme représente environ 20 % des DMLA évoluées et ne bénéficiait, jusqu'à récemment, d'aucun traitement curatif.
Le système PRIMA permet-il de retrouver une vision normale ?
Non. PRIMA restitue une vision artificielle partielle, suffisante pour identifier des lettres, lire des mots et reconnaître certaines formes, mais elle ne reproduit pas la finesse d'une vision naturelle. Le gain moyen observé dans les essais cliniques équivaut à environ cinq lignes sur l'échelle ETDRS, ce qui constitue une amélioration significative pour des patients auparavant incapables de lire. La vision centrale obtenue se combine à la vision périphérique préservée, offrant un confort visuel global amélioré au quotidien.
PRIMA est-il déjà disponible en France ?
Le dispositif a obtenu le marquage CE, qui autorise sa commercialisation en Europe. Toutefois, son inscription au remboursement par l'Assurance Maladie en France n'est pas encore effective et dépendra de l'évaluation de la Haute Autorité de Santé. À court terme, l'accès se fait principalement via des centres ophtalmologiques de référence participant aux protocoles cliniques. Les patients intéressés peuvent en discuter avec leur ophtalmologue, qui les orientera vers les équipes spécialisées en rétine et basse vision.
Une mutuelle peut-elle prendre en charge un implant rétinien ?
Tant qu'un dispositif n'est pas inscrit sur la LPPR (liste des produits et prestations remboursables), l'Assurance Maladie ne le finance pas, et les complémentaires santé ne peuvent intervenir que sur les frais annexes (hospitalisation, consultations, rééducation). Une fois remboursé par la Sécurité sociale, la mutuelle peut prendre en charge le ticket modérateur et les éventuels dépassements selon les garanties souscrites. Comparer les contrats sur les postes hospitalisation et dispositifs médicaux innovants est donc essentiel pour les personnes concernées par une pathologie oculaire évolutive.
Quelles aides existent pour les personnes malvoyantes ?
Plusieurs dispositifs publics accompagnent les personnes malvoyantes : reconnaissance en affection de longue durée (ALD 30) par l'Assurance Maladie, allocation adulte handicapé (AAH) et prestation de compensation du handicap (PCH) instruites par la MDPH, carte mobilité inclusion. Les aides techniques (loupes électroniques, logiciels de lecture, cannes blanches) peuvent être en partie financées. Les complémentaires santé prévoient souvent des forfaits d'aides visuelles et optiques renforcées. Plus d'informations sur service-public.fr.